La CPME devient « Les Entrepreneurs » et affiche ses nouvelles ambitions à Paris
La CPME change d'identité et devient Les Entrepreneurs. Ce nouveau nom traduit la volonté de représenter un entrepreneuriat plus large et de renforcer son influence dans le débat public. Une évolution portée par son président, Amir Reza-Tofighi.
Pourquoi la CPME change de nom ?
La Confédération des petites et moyennes entreprises ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Lors de son grand rendez-vous annuel, l’organisation a présenté son nouveau nom : Les Entrepreneurs. Un changement d’identité qui s’inscrit dans une volonté de s’affirmer dans le débat public et de moderniser son fonctionnement. Une décision et une stratégie portées par son président, Amir Reza-Tofighi, élu en janvier 2025, qui souhaite faire entendre la voix de l’entrepreneuriat français auprès des pouvoirs publics.
Créée en 1944 pour défendre les intérêts des petites et moyennes entreprises, la CPME estimait que son nom ne reflétait plus pleinement les réalités économiques actuelles. Les start-up, les entreprises innovantes et les indépendants occupent désormais une place importante dans l’économie française, illustrant un paysage entrepreneurial profondément transformé ces dernières années.
Le terme « Les Entrepreneurs » se veut plus inclusif et fédérateur. Il ne s’adresse plus uniquement aux petites et moyennes entreprises, mais à l’ensemble des créateurs, des repreneurs et des chefs d’entreprise, quelle que soit la taille de leur structure.
Pour Amir Reza-Tofighi, ce changement incarne deux ambitions distinctes :
Remettre les entrepreneurs au cœur du débat public et d’en faire une force de proposition beaucoup plus impactante, et aller chercher les entrepreneurs de toutes tailles qui ne sont pas aujourd’hui adhérents, pour que l’on soit collectivement plus fort
explique-t-il lors de la Grande Assemblée des Entrepreneurs. Cette assemblée est organisée pour la première fois à Paris, au Parc des Princes, illustrant les nouvelles ambitions de l’organisation.
Cet évènement a réuni plusieurs milliers de dirigeants, responsables politiques, experts et partenaires économiques autour de conférences, de débats, mais aussi d’ateliers consacrés aux principaux défis des entreprises françaises. Ce moment d’échange donne le ton des priorités à l’approche des élections législatives, mais aussi présidentielles.
Une nouvelle identité au service de l'influence
Le changement de nom ne signifie toutefois pas une volonté de concurrencer frontalement le Medef, le Mouvement des entreprises de France, première organisation patronale. Amir Reza-Tofighi insiste au contraire sur la complémentarité des différentes organisations. Son ambition est davantage de renforcer la voix collective des entrepreneurs et d’obtenir une plus grande capacité d’influence dans les décisions publiques, qu’il s’agisse des réformes économiques, fiscales, sociales ou réglementaires qui concernent directement les entreprises.
L’objectif est de développer une croissance économique de 2 % sur le prochain quinquennat, contre moins de 1 % aujourd’hui, mais aussi de trouver « impérativement un équilibre dans les finances françaises », assure le président. Cette stratégie s’inscrit dans la continuité de la transformation engagée ces dernières années.
En 2017, la CGPME avait déjà modernisé son nom en devenant la CPME. Neuf ans plus tard, le passage à Les Entrepreneurs marque une nouvelle étape qui traduit l’évolution du monde économique et la volonté de représenter un entrepreneuriat plus diversifié.
Après le changement de nom, le défi de l'action
Reste désormais à savoir si cette nouvelle identité permettra d’atteindre les objectifs affichés. Au-delà du changement de marque, le véritable défi sera de convaincre davantage d’entrepreneurs de rejoindre l’organisation et de démontrer que celle-ci peut influencer concrètement les politiques publiques. Si cette stratégie réussit, Les Entrepreneurs pourraient devenir un acteur encore plus central du dialogue économique français et renforcer la place des dirigeants d’entreprise dans les grands débats qui façonneront l’économie des prochaines années.