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Cybersécurité à Avignon : l’alerte des frigos piratés

Cybersécurité à Avignon : l’alerte des frigos piratés

Richard Alexandre Avatar

Richard Alexandre - 16/10/2026

Des produits frais détruits, des rayons vidés et des équipes mobilisées pour remettre les installations en service : la cyberattaque survenue dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026 a frappé plusieurs centaines de supermarchés français. Elle rappelle que les risques numériques concernent aussi les équipements qui font fonctionner les entreprises. De quoi interroger la cybersécurité à Avignon, notamment dans les métiers de l’alimentation.

Une attaque informatique aux conséquences bien réelles

Plusieurs enseignes de la grande distribution ont dû faire face à une défaillance qui n’avait rien d’une panne ordinaire. Les systèmes pilotant leurs installations frigorifiques avaient été manipulés à distance. Intermarché, Netto, E.Leclerc, Coopérative U, Carrefour et Monoprix figurent parmi les réseaux concernés.

 

Les pirates auraient détourné une fonction habituelle des équipements : le dégivrage, destiné à éliminer le givre accumulé. Au lieu de respecter les cycles programmés, les installations auraient été placées en dégivrage continu, avec des consignes pouvant atteindre 50 °C. Ce chiffre correspond à un réglage rapporté dans les premiers témoignages, et non à une température mesurée uniformément dans tous les magasins.

 

Les conséquences ont été immédiates. Des produits frais et surgelés ont dû être détruits. Aux marchandises perdues se sont ajoutées les difficultés de réapprovisionnement et la désorganisation des magasins.

 

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l’Office anti-cybercriminalité. Elle doit notamment permettre de recenser les victimes et d’établir le lien entre les intrusions et les dommages signalés.

Le point sensible : les équipements accessibles à distance

Cette affaire montre que les cyberattaques ne concernent pas seulement les ordinateurs. Elles peuvent aussi toucher les équipements qui règlent la température des réfrigérateurs et des chambres froides. Dans son alerte du 12 octobre, mise à jour le lendemain, le CERT-FR, le centre français d’alerte en cybersécurité, confirme que des systèmes de commande des marques Danfoss, Copeland et Dixell ont été piratés.

 

Le CERT-FR met en garde : laisser les commandes de ces équipements accessibles directement sur Internet augmente le risque de piratage. Il recommande donc de bloquer cet accès direct et de passer par une connexion sécurisée pour les piloter à distance.

 

La maintenance des équipements pose également question. Dans un communiqué transmis à l’AFP, Danfoss indique que la majorité des unités touchées sont des produits anciens, dont certains ne reçoivent plus de mises à jour logicielles ou de sécurité. Un matériel peut donc continuer à remplir sa fonction tout en n’étant plus suffisamment protégé contre les intrusions. 

 

Des vulnérabilités avaient déjà été documentées sur certaines gammes. Cela ne suffit toutefois pas à établir laquelle a été exploitée dans chaque magasin : l’existence d’une faille connue et la démonstration du chemin emprunté par les attaquants sont deux choses différentes.

Cybersécurité à Avignon : un enjeu pour toute la chaîne alimentaire

À Avignon, le sujet dépasse les seules grandes surfaces. Le marché d’intérêt national (MIN) accueille les grossistes en fruits et légumes, des entreprises agroalimentaires et des logisticiens. Autour de cette activité, la conservation, le stockage et l’acheminement des marchandises constituent des enjeux quotidiens.

 

L’événement invite à poser une question : que se passerait-il si leurs équipements connectés devenaient indisponibles ou recevaient de mauvaises instructions ?

 

Prenons le cas d’un commerce alimentaire dont la chambre froide est supervisée à distance. Une modification malveillante des réglages pourrait compromettre les stocks avant même l’arrivée du personnel. Pour un restaurant ou un traiteur, un incident comparable pourrait obliger à revoir le service du jour. Ces exemples décrivent des risques possibles, pas des incidents constatés à Avignon.

 

La réflexion concerne aussi d’autres installations. Caméras, alarmes et thermostats peuvent communiquer avec des applications ou des services distants. Leur protection suppose notamment de vérifier les mots de passe, les mises à jour et les fonctions réellement nécessaires, comme le recommande Cybermalveillance.gouv.fr. 

 

La cybersécurité à Avignon ne peut donc pas être abordée uniquement sous l’angle des fichiers clients ou de la messagerie. Elle doit aussi intégrer les outils dont dépend l’activité sur place.

Qui protège les installations une fois les portes fermées ?

L’affaire des réfrigérateurs piratés invite à examiner l’organisation autant que la technique. Le dirigeant, le prestataire informatique et l’entreprise chargée de la maintenance doivent pouvoir identifier leurs responsabilités respectives. La préparation de la réponse à un incident ne peut pas reposer sur l’hypothèse que quelqu’un d’autre s’en chargera. Cybermalveillance.gouv.fr recommande précisément de coordonner les intervenants et de prévoir des solutions de continuité. 

 

Trois questions permettent d’engager cette discussion :

  • Qui connaît les équipements accessibles à distance et les personnes autorisées à s’y connecter ?
  • Qui reçoit les alertes techniques la nuit, le dimanche ou pendant les congés ?
  • Quelle procédure permet de poursuivre l’activité si la supervision à distance doit être interrompue ?

 

Ces questions peuvent ensuite être traduites en vérifications avec les prestataires.

Point à examiner Vérification à mener
01Équipements connectés Recenser les appareils, leurs accès distants et la personne chargée de leur maintenance.
02Accès depuis Internet Éviter les interfaces de gestion directement exposées ; utiliser une connexion distante sécurisée.
03Séparation des réseaux Isoler les installations techniques du réseau bureautique et du Wi-Fi destiné aux visiteurs, avec des règles de filtrage adaptées.
04Mots de passe et mises à jour Remplacer les identifiants par défaut, appliquer les correctifs compatibles et repérer les matériels qui ne sont plus maintenus.
05Interventions extérieures Vérifier qui peut se connecter, avec quels droits et pour quels besoins ; supprimer les accès devenus inutiles.

La réduction de l’exposition à Internet, le cloisonnement des réseaux et la maintenance des systèmes figurent parmi les recommandations des autorités de cybersécurité. Sur une installation technique, leur mise en œuvre doit tenir compte des contraintes de fonctionnement et être préparée avec les professionnels concernés. 

En cas d’incident, ne pas confondre urgence et précipitation

La réponse doit associer le responsable du site, le mainteneur et le support informatique. Couper un accès distant ne signifie pas arrêter indistinctement les équipements. L’objectif est de limiter l’intrusion sans aggraver les dommages. Le CERT-FR demande notamment de vérifier les conséquences contractuelles d’une interruption de la remontée des données.

 

Il faut également conserver les éléments utiles à l’analyse : relevés, captures d’écran, horaires des anomalies et journaux de connexion. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de documenter les actions réalisées, de déclarer le sinistre à l’assureur et de déposer plainte. Une éventuelle indemnisation dépendra des garanties du contrat. Elle n’est pas automatique. 

 

Enfin, remettre les réglages d’origine ne règle pas nécessairement le problème. Le CERT-FR avertit qu’une simple réinitialisation reste insuffisante si l’équipement demeure vulnérable et exposé.

 

Cybersécurité à Avignon : des spécialistes de proximité

À Avignon, plusieurs prestataires spécialisés en cybersécurité peuvent accompagner les entreprises face à ces risques. Nous les mettrons à l’honneur dans nos prochains articles du Mag de Vaucluséo, pour présenter leurs métiers, recueillir leurs retours d’expérience et mieux comprendre les moyens de protection adaptés aux entreprises du territoire. Car derrière les questions techniques, l’enjeu reste très concret : pouvoir continuer à travailler, servir ses clients et préserver son activité.