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Interview : L’entrepreneur vauclusien qui réinvente le casque de vélo

Interview : L’entrepreneur vauclusien qui réinvente le casque de vélo

Antoine Josuan Avatar
MONTEUX
Antoine Josuan - 11/03/2026

Designer de formation, Jean-Baptiste Petricoul a créé Virgo Move, une entreprise qui conçoit des casques de vélo innovants protégeant le bas du visage. De son garage en 2016 à la pépinière Créativa d’Agroparc, il développe aujourd’hui une solution de sécurité unique pour les cyclistes.

Pouvez-vous nous présenter Virgo Move et ses activités principales ?

Jean-Baptiste : j’ai créé Virgo Move, une entreprise spécialisée dans la conception de casques innovants pour le cyclisme, destinés à mieux protéger le menton et les mâchoires des sportifs.


Tout a commencé en 2016 dans mon garage, avec une imprimante 3D. L’idée a progressivement évolué jusqu’à la création officielle de l’entreprise en 2022.

 

Quelle est l’histoire derrière votre entreprise ?

Jean-Baptiste : je suis designer de formation et j’ai travaillé pour de grandes entreprises comme Décathlon, Michelin ou Google. Après l’accident de vélo d’un ami, j’ai réalisé qu’aucun casque ne protégeait réellement le bas du visage.

 

J’ai donc décidé de concevoir un casque offrant une protection renforcée. Les premiers prototypes ont vu le jour en 2016. En 2022, j’ai créé la société et intégré la pépinière Créativa à Agroparc, où je développe aujourd’hui les modèles et la marque.

 

Nous disposons également d’un point logistique à Cavaillon, dédié au stockage et à l’expédition des commandes.

 

Pourquoi avoir choisi le Vaucluse pour développer votre entreprise ?

Jean-Baptiste : je suis originaire des Bouches-du-Rhône, mais j’ai choisi de m’installer dans le Vaucluse, au sein de la pépinière Créativa, car l’écosystème entrepreneurial d’Agroparc est particulièrement dynamique.

 

Les entrepreneurs y trouvent de nombreux dispositifs d’accompagnement et peuvent échanger facilement entre eux. Même s’il y a moins d’acteurs que dans les Bouches-du-Rhône, cette proximité favorise l’entraide et la collaboration.

 

Votre entreprise valorise-t-elle un savoir-faire local ?

Jean-Baptiste : nous aimerions produire davantage localement. Cependant, le Vaucluse et la région PACA manquent encore d’industries, notamment dans la plasturgie. Aujourd’hui, il n’existe pas de filière complète en France pour ce type de production.

Avez-vous des projets ou réalisations dont vous êtes particulièrement fier ?

Jean-Baptiste : je suis surtout fier d’avoir conçu un casque de A à Z, en partant d’un simple prototype développé dans mon garage, un peu comme certaines grandes success stories.

 

Nous avons lancé le projet grâce au financement participatif (crowdfunding), puis intégré la pépinière Créativa. Aujourd’hui, la marque commence à se faire connaître et d’autres disciplines sportives s’intéressent déjà à notre produit.

 

Comment votre entreprise interagit-elle avec les acteurs locaux ?

Jean-Baptiste : nous collaborons étroitement avec Réseau Entreprendre Rhône Durance, dont nous avons été lauréats en 2023, ainsi qu’avec Initiative Ventoux. Ces structures nous ont accompagnés dès la création de Virgo Move, notamment grâce au mentorat et au coaching.

 

Nous travaillons également avec des partenaires locaux :

 

  • un prestataire logistique basé à Cavaillon pour la gestion et l’expédition des commandes ;

  • un cartonnier avignonnais pour les emballages.

 

Quelles sont les forces et les limites du Vaucluse pour entreprendre ?

Jean-Baptiste : le principal frein reste le manque d’acteurs industriels dans le département. Pour certaines productions, nous devons donc nous tourner vers l’étranger, ce qui est regrettable.

 

Les démarches administratives peuvent aussi être longues et complexes, ce qui ralentit parfois la création d’entreprise.

 

En revanche, le Vaucluse dispose d’un véritable écosystème entrepreneurial avec des structures comme Créativa, la BPI ou la French Tech. De plus, le nombre d’acteurs plus restreint facilite l’accès aux réseaux et aux accompagnements.

 

Quels sont les défis de votre secteur aujourd’hui ?

Jean-Baptiste : nous évoluons dans le secteur du matériel sportif. Aujourd’hui, une grande partie de la production se fait en Chine. Par ailleurs, les consommateurs ont parfois perdu le sens de la valeur des produits : ils recherchent des prix bas, même pour des équipements de sécurité.

 

Notre défi est donc de montrer qu’un produit de qualité et réellement protecteur a un coût.$

 

L’autre enjeu concerne l’innovation. Dans le domaine des casques, les designs sont souvent similaires. Notre objectif est de proposer des produits innovants et plus protecteurs pour nous démarquer.

 

 

 

Entreprendre demande de la persévérance. Il faut être prêt à s’investir pendant plusieurs années et à se battre pour faire avancer son projet.

 

Il y a de la place pour tout le monde, mais il faut rester déterminé et croire en son idée. À tous ceux qui souhaitent se lancer : bon courage dans l’aventure entrepreneuriale !

 

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